Appellation : Côtes de Bordeaux Saint Macaire

Parmi les appellations enchâssées au sein de l’Entre-Deux-Mers, sur la rive droite de la Garonne, le Côtes de Bordeaux Saint-Macaire est une des plus petites et symbolise l’évolution du vignoble bordelais : progression des vins rouges au sein de l’aire de production, recul des vins blancs moelleux au détriment des vins blancs secs, volonté de préserver une spécificité.

Car l’appellation Côtes de Bordeaux Saint-Macaire produit les trois types de vins blancs (secs, moelleux et liquoreux), et elle y tient.

L’évolution d’une appellation à taille humaine

A l’époque gallo-romaine, Saint-Macaire était une riche villa et a toujours été liée à la culture viticole.

Au XIIème siècle, quand l’influence anglaise sur le bordelais se fait plus prégnante, Saint-Macaire jouit de sa situation sur la Garonne, où la marée remonte et permet le transport des vins par bateaux, ce qui leur offre une place de choix outre-manche.

Mais l’abolition des privilèges en 1789 et l’envasement du port de Saint-Macaire ralentit l’essor du vignoble. Des vignes sont arrachées, de nouvelles plantations apparaissent. Dès 1914, un syndicat viticole est créé, et celui-ci va farouchement défendre ses intérêts dans un contexte troublé.

En 1930, le syndicat s’accorde sur la création d’une coopérative vinicole, qui voit véritablement le jour en 1931, et devient le garant de l’appellation Côtes de Bordeaux Saint-Macaire.

Celle-ci se voit décerner l’agrément AOC en 1937. A cette époque, la production de vins blancs liquoreux domine. Petit à petit, l’appellation proprement dite, dédiée aux vins blancs, perd en influence devant la progression des vins rouges, s’ouvre aux vins blancs secs.

Mais, pour les vignerons du cru, le passé ayant un sens, ils se posent en garants de sa continuité.

Un paysage où la vigne trouve naturellement sa place

Comme déjà mentionné, la vigne s’inscrit dans le paysage de la région depuis l’Antiquité et sa présence y est totalement naturelle.

Les vignes s’épanouissent en coteaux qui longent la Garonne. Les sols sont principalement calcaires, avec des épaisseurs variables, et bien drainés par les petits ruisseaux, affluents de la Garonne, qui sillonnent les vallées.

L’aire de l’appellation Bordeaux Saint-Macaire en elle-même couvre environ 65 hectares, répartis sur le territoire de dix communes : Caudrot, Le-Plan-sur-Garonne, Saint-André du bois, Saint-Laurent du bois, Saint-Laurent du plan, Saint-Macaire, Saint-Martial, Saint-Martin de Sescas, Saint-Pierre d’Aurillac et Sainte-Foy la longue.

L’appellation, dédiée aux vins blancs, s’honore de la symbiose entre ses sols, son climat et ses cépages. Le sémillon est le cépage dominant, suivi par le sauvignon et la muscadelle.

Ces trois cépages entrent en assemblage pour la production de vins blancs secs, moelleux et liquoreux.

Les rendements autorisés sont de 60 à 65 hectolitres à l’hectare pour les vins blancs secs, de 45 à 55 hectolitres à l’hectare pour les moelleux et de 37 à 40 hectolitres à l’hectare pour les liquoreux.

Pour ces deux derniers types de vins, le climat océanique tempéré allié à la proximité de la mer et la présence de la Garonne favorise la formation de brouillards nocturnes propices au développement du botrytis, déterminant pour la teneur en sucres et la qualité des raisins.

Elaboration, caractère et accords en cuisine

Les vins blancs secs de l’appellation progressent mais restent confidentiels compte tenu de la petitesse de la surface de l’appellation. Pour leur élaboration, le sauvignon est majoritaire dans l’assemblage.

La vinification est classique, avec macération pelliculaire, fermentation alcoolique, fermentation malolactique non souhaitée, élevage en cuves inox ou en barriques. Ils présentent une teneur en sucres résiduels inférieure à 4 grammes par litre.

Leur robe est jaune clair, au nez, les fleurs blanches et les agrumes dominent, la bouche est souple et ronde sur des notes d’agrumes.

A réserver à l’apéritif ou sur une volaille. Les vins moelleux sont issus de raisins récoltés plus tardivement. Le sémillon devient le cépage dominant, la vinification est classique, la teneur en sucres minimale est de 34 grammes par litre.

A l’oeil, ils présentent une robe jaune paille, un nez intense aux arômes de fruits jaunes, une bouche au gras généreux équilibré par une belle fraîcheur sur des notes de coing. Ce sont des partenaire idéaux pour le foie gras.

Les liquoreux sont issus de raisins botrytisés exclusivement récoltés à la main par tris successifs. La vinification est classique, l’élevage plus long. Ils présentent un taux de sucres minimal de 45 grammes par litre.

Leur robe est dorée, le nez dominé par la vanille et le miel, la bouche ample, puissante, sur des arômes d’abricot et de pêche.

Ils ont un potentiel de garde important et s’accordent à merveille avec un fromage à pâte persillée, un foie gras ou un poisson en sauce.