Appellation : Côtes de Bordeaux

Voici une appellation qui en rassemble plusieurs, suivant l’adage selon lequel l’union fait la force.

L’appellation Côtes de Bordeaux, réservée aux vins rouges, est commune à l’ensemble des vignobles de côtes, à l’exception des côtes-de-bourg.

Sous sa bannière, on retrouve le vignoble implanté autour de Blaye, autour de Cadillac, et plus loin, sur les rives de la Dordogne, autour de Castillon, de Francs et Sainte-Foy.

Appellation dite transversale, elle n’en garde pas moins une identité et une trame, et est emblématique de la constante et nécessaire adaptation du vignoble bordelais à l’évolution de la demande mondiale. Retour sur la genèse d’une jeune appellation de caractère.

Identité de terroir, besoin de répondre à la demande

Investis depuis l’Antiquité par les Romains qui n’ont pas tardé à déceler leur potentiel dû à leur exposition, à la richesse de leurs sols et la proximité de l’eau, les coteaux bordelais, sur les rives de la Gironde, de la Garonne et de la Dordogne, ont aussi participé à la notoriété des vins de Bordeaux à l’étranger à partir du moyen-âge, et notamment, bien sûr, en Angleterre.

Et comme l’histoire est toujours en marche, l’appellation Côtes de Bordeaux raconte l’évolution du vignoble depuis le début du XXIème siècle.

En 2009, face au besoin, pour le consommateur, d’identifier précisément le terroir et la région d’origine du vin qu’il déguste, l’appellation côtes de Bordeaux est créée avec la possibilité d’être complétée par cinq dénominations géographiques plus précises : Cadillac-côtes de Bordeaux, Blaye-côtes de Bordeaux, Castillon-côtes de Bordeaux, Sainte-Foy-côtes de Bordeaux (qui a rejoint l’appellation en 2016), et Francs-côtes de Bordeaux. Parallèlement, le négoce garde la possibilité d’élaborer des vins rouges issus d’assemblages de ces différentes dénominations.

Dans ce dernier cas, les vins produits portent l’appellation Côtes de Bordeaux, sans autre mention. Ces dispositions permettent donc à la fois une meilleure lisibilité et la possibilité de produire des vins à relativement grande échelle, pour répondre à toutes les demandes.

Derrière la variété des terroirs, l’identité des coteaux

Par essence, l’appellation Côtes de Bordeaux rassemble, sur son aire de production de 12600 hectares dédiés à l’appellation proprement dite, une grande variété de sols. Des sols argilo-graveleux, silico-graveleux ou argilo-calcaires du blayais aux sols d’astéries calcaires de Francs, en passant par les sols graveleux de Castillon.

Côtes de Bordeaux n’en est pas moins une appellation qui tient à son identité, inscrite dans son nom, celle des coteaux. Coteaux à l’exposition optimale, aux sols parfaitement drainés, et taillés pour laisser s’épanouir le merlot, cépage majoritaire de l’appellation, complété par le cabernet sauvignon et le cabernet franc.

La volonté de présenter cette identité sans entrer dans une spécificité de terroir réservée aux vins avec dénomination géographique précise se retrouve dans les rendements autorisés, de l’ordre de 55 hectolitres à l’hectare, quand ils sont d’à peine plus de 50 hectolitres à l’hectare avec une dénomination géographique.

Une exigence de qualité est toutefois exigée, le but étant avant tout de donner une « souplesse » importante aux assemblages de terroirs pour en offrir une palette en jolies nuances.

Vinification, caractère et accords en cuisine.

La récolte des raisins se fait le plus souvent à la machine, compte tenu de l’éclatement géographique de l’appellation et de l’importance des surfaces cultivées.

Pour le merlot, la teneur en sucres doit être de 200 grammes par litre de mout au minimum, 189 grammes pour les cépages complémentaires.

Après macération pré-fermentaire et pressurage des raisins, la fermentation alcoolique se fait en cuves, ainsi que la fermentation malolactique, obligatoire. L’élevage se fait en barriques pour une durée minimale de six mois.

A noter que les vins sont présentés dans des bouteilles bordelaises classiques mais que les étiquettes présentent une identité graphique moderne, décidée en 2015, destinée à promouvoir le dynamisme de l’appellation.

La robe des côtes de Bordeaux est rubis intense, au nez, les vins exhalent des arômes de fruits rouges, notamment la framboise et la fraise, mais aussi de fruits à noyaux tels la prune et la cerise, complétés par des arômes de vanille pour les vins ayant bénéficié d’élevages en barriques, de cuir et de moka.

En bouche, cette vaste palette aromatique se développe amplement avec un côté gourmand, une structure tannique fine et fondue et beaucoup d’élégance. Les vins les plus fruités seront parfaits pour accompagner une viande blanche ou un rôti.

Ceux qui présentent une charpente plus importante s’accommoderont d’un gibier, d’une entrecôte, de canard ou de fromages.

Ce sont des vins au potentiel de garde plus ou moins important, suivant la longueur d’élevage et la typicité des différents terroirs assemblés. En moyenne, leur potentiel est de quatre ans voire sept.