Appellation : Entre Deux Mers Haut Benauge

L’appellation Entre-Deux-Mers Haut-Benauge en rappelle d’autres, similaires sans être exactement de même nature.

Dédiée aux vins blancs, l’appellation est géographiquement située dans la région de l’Entre-Deux-Mers, soit entre Garonne et Dordogne, partage une aire de production commune avec l’appellation Bordeaux Haut-Benauge, doit son existence au même syndicat viticole qui a porté cette dernière mais, culturellement, l’Entre-Deux-Mers Haut-Benauge a toujours désigné des vins blancs secs, quand le Bordeaux Haut-Benauge a d’abord été promu pour ses vins blancs liquoreux.

Détaillons une appellation qui mêle attachement à un territoire, longue tradition viticole et discrétion dans un paysage dominé par la production de vins rouges.

Une appellation portée par des hommes soucieux de leur territoire

L’Entre-Deux-Mers est la région du bordelais où la culture de la vigne y est la plus ancienne puisqu’elle remonte à l’Antiquité, et, au sein de cette région, le Haut-Benauge est un territoire à l’histoire qui a marqué ses habitants à travers les siècles.

Au XIIIème siècle, le château forteresse de Benauge, à Arbis, dont il ne reste aujourd’hui que des vestiges, commandait la vicomté formée par les 9 communes du secteur et la création du syndicat viticole du Haut-Benauge, en 1925, un des premiers du bordelais, démontre à quel point les viticulteurs du Haut-Benauge avaient, chevillé au corps, la conviction d’appartenir à un territoire particulier.

C’est ce sentiment d’appartenance qui a poussé le syndicat à revendiquer une appellation à dénomination géographique précise, ou plutôt, deux appellations : en effet, l’appellation Bordeaux Haut-Benauge, créée en 1955, était dédiée à la production de vins blancs liquoreux, importante dans la première partie du XXème siècle.

Par distinction, l’appellation Entre-Deux-Mers Haut-Benauge, créée en même temps, était réservée aux vins blancs secs. Cette différence a eu tendance à s’estomper puisque la production de vins blancs liquoreux a reculé depuis cette époque, sans compter qu’au fil des années, la région s’est également tournée vers la production de vins rouges.

Néanmoins, l’appellation Entre-Deux-Mers Haut-Benauge reste pertinente pour désigner une tradition de production de vins blancs secs sur un territoire spécifique de 9 communes, perpétuer une tradition et distinguer une finesse particulière qu’on ne retrouve pas toujours dans les vins qui portent la seule appellation Entre-Deux-Mers, sans dénomination géographique.

Terroirs variés, cépages traditionnels

Le territoire des 9 communes de l’appellation Entre-Deux-Mers Haut-Benauge (Arbis, Cantois, Escoussans, Gornac, Ladaux, Mourens, Saint-Pierre de Bat, Soulignac et Targon) offre des sols variés. On y trouve de l’argile, des sols bruns calcaires, des boulbènes, sols limono-argileux profonds et très fertiles développés sur des alluvions de la Garonne.

Sur ce territoire partagé avec l’appellation Bordeaux Haut-Benauge, l’Entre-Deux-Mers Haut-Benauge ne couvre que 100 hectares, d’où sa relative rareté, et est de nos jours revendiquée par une quinzaine de producteurs.

Cette richesse de sols va de pair avec les cépages propres à l’appellation, sauvignon blanc, muscadelle et sémillon, qui doivent entrer en assemblage pour au moins 70% dans l’élaboration des vins.

Parmi les cépages secondaires, on retrouve l’ugni blanc ou le merlot blanc, mais leur présence est marginale. Les rendements autorisés oscillent entre 65 et 75 hectolitres à l’hectare et, bien maîtrisés, ils peuvent produire des vins blancs secs souvent considérés comme les plus fins de la région de l’Entre-Deux-Mers.

Elaboration, style et accords en cuisine

Le climat du Haut-Benauge, plateau en légère dépression, est propice au développement des brumes nocturnes et les vendanges se font souvent très tôt le matin, le plus fréquemment à la machine. Au chai, les raisins sont foulés et subissent, pratique qui tend à se développer, une macération pelliculaire pour faire gagner les vins en matière.

Après débourbage et fermentation alcoolique, la fermentation malolactique est stoppée pour préserver la vivacité propre à l’appellation et l’élevage se fait pour six mois en cuves inox. A l’oeil, l’Entre-Deux-Mers Haut-Benauge présente une robe jaune clair à reflets verts.

Le nez est complexe, des arômes de fleurs subtils se mêlent aux agrumes (citron, pamplemousse) et aux fruits exotiques. La bouche est équilibrée, entre vivacité, souplesse et notes acidulées. Le sauvignon et le sémillon, bien proportionnés, développent une palette qui donne tout son caractère aux vins produits.

Par ailleurs, la diversité des sols apporte plus ou moins de gras et de rondeur mais, comme déjà mentionné, on cherche la plupart du temps à préserver la fraîcheur, typique de l’appellation. En cuisine, l’Entre-Deux-Mers Haut-Benauge est à l’aise en compagnie des fruits de mer et des crevettes.

Les poissons, qu’ils soient grillés ou en sauce, seront également pour lui d’excellents compagnons. Au fromage, il faut lui réserver les chèvre, qui se marieront parfaitement avec sa vivacité. L’Entre-Deux-Mers Haut-Benauge est à boire dans les trois ans après mise en bouteilles.