Appellation : Alsace Riesling

Dans la famille des cépages nobles d’Alsace, je demande le roi. Le riesling est le cépage de référence du vignoble, que tout un chacun est capable de nommer et que les amateurs de grands vins recherchent avec avidité.

Son « installation » tout en haut des cépages alsaciens a été progressive et raconte le parcours vers la qualité. Il produit des vins blancs secs ou moelleux en « vendanges tardives » et « sélection de grains nobles ».

Cépage ancien, montée en puissance récente

Le riesling est un cépage autochtone, son berceau étant la vallée du Rhin. Certains spécialistes des cépages affirment qu’il était déjà présent dans l’Antiquité mais cette présence est véritablement attestée à partir du moyen-âge.

Son expansion a été lente, conséquence de ses faibles rendements. Mais, après 1945, la volonté d’aller vers plus de qualité va tout bouleverser. Le sylvaner et le chasselas, alors très présents, commencent à être délaissés au profit de cépages plus riches et le riesling sera le grand gagnant de cette nouvelle donne.

A la fin des années 1960, il passe la barre des 10% de la surface plantée du vignoble avec 1200 hectares, cette part passe à 21% dans les années 2010 avec près de 3400 hectares plantés.

L’appellation Alsace Riesling, comme pour les autres cépages, est officiellement créée par le décret du 3 octobre 1962 complété par celui du 30 juin 1971.

Une préférence pour les sols schisteux ou granitiques

Le riesling est planté sur l’ensemble du vignoble alsacien, du nord au sud. Il est présent dans la plaine d’Alsace mais s’épanouit sur des pentes marquées et baignées par un ensoleillement important.

Les sols à dominante de granite ou de schiste sont ses terrains de prédilection. Le riesling, cultivé en mono-cépage, est par nature fragile. Une fragilité qui se retrouve dans son nom, dérivé de l’allemand « riesen », qui signifie « couler » en français, le riesling étant sujet au phénomène de coulure.

Son adaptation au climat alsacien continental tempéré limite néanmoins ces désagréments et sa production est régulière. Il reste un cépage à débourrement tardif, d’où l’importance de son exposition au soleil.

En revanche, il offre une bonne résistance aux gelées hivernales. Les rendements autorisés pour le riesling sont de 80 hectolitres par hectare mais s’établissent en réalité à 73 hectolitres par hectare, ce qui reste élevé par rapport à la moyenne nationale, tous vins compris.

Une élaboration soigneuse

Son statut, qui place le riesling parmi les grands cépages blancs au monde mérite qu’on le vinifie avec soin. Le pressurage se fait de la façon la plus douce possible. Le débourbage doit être propre pour ne pas véhiculer de goût herbacé ou végétal.

La fermentation alcoolique se fait via des levures indigènes avec un contrôle des températures et du niveau d’acidité, car c’est là que le riesling va s’enrichir de ses arômes. La fermentation malolactique n’est pas souhaitée pour éviter l’apparition de notes beurrées.

Le soutirage, pour séparer le jus des lies grossières et ne garder que les plus fines est lui aussi important, avant élevage en cuves, foudres ou barriques, pour une durée pouvant s’étendre entre 6 et 10 mois.

Les riesling « vendanges tardives » sont issus de raisins récoltés en surmaturité, présentent un taux de sucres minimal de 220 grammes par litre et entrent dans la catégorie des vins moelleux.

Les « sélections de grains nobles » sont issues de tris successifs de grains atteints de pourriture noble et doivent présenter un taux de sucre minimal de 256 grammes par litre.

Caractère et accords gastronomiques

L’Alsace Riesling sec présente une robe jaune pâle à reflets verts. Au nez, c’est un vin racé, avec des arômes subtils de fruits (citron pamplemousse), des arômes floraux (fleurs blanches, tilleul) et minéraux (pierre à fusil, pétrole).

En bouche, ces arômes se déploient avec une belle verticalité, une vivacité sur l’attaque, de l’ampleur en milieu de bouche et une finale subtile. Les « vendanges tardives » présentent un caractère similaire avec plus de sucrosité, néanmoins moins importante que pour le gewurztraminer ou le pinot gris.

Ce sont des vins d’équilibre avec une pointe d’acidité. Les « sélection de grains nobles » présentent une robe jaune or, un nez aérien avec des notes de mangue et de menthe, du gras et de l’ampleur en bouche ou dominent la goyave et l’abricot.

Les riesling secs se marieront à merveille avec les coquillages et plateaux de fruits de mer, mais aussi les volailles rôties. Au fromage, lui réserver un vieux comté ou un parmesan. En Alsace, on l’accordera avec la choucroute et le baeckehoffe.

Les « vendanges tardives » accompagneront des foies gras, des fromages à pâte persillée et des desserts aux fruits. Les « sélection de grains nobles » sont des vins de dessert, qui feront briller un vacherin, une tarte au citron, un fondant chocolat. De belles dégustations en perspective.