Appellation : Bugey

Éclipsés par les grandes appellations du Rhône-Alpes (Côte-Rôtie, Condrieu, Châteauneuf-du-Pape, etc.), les vins du Bugey sont peu connus. Pour autant, ils réservent de belles surprises ! Nous vous présentons ces vins et leurs caractéristiques.

L’histoire des vins du Bugey

Les traces les plus anciennes du vignoble du Bugey remontent au 12ème siècle avec les moines des abbayes de Saint-Sulpice et d’Ambronay.

Au début du 19ème siècle, le vignoble du Bugey sort quelque peu de l’anonymat grâce au célèbre gastronome Brillat-Savarin, auteur de l’ouvrage « la Physiologie du goût », qui possédait des vignes dans le Bugey.

Quelques années plus tard, les vignobles du Bugey connaissent une période faste, leur superficie s’agrandit et leur impact sur l’économie de la région est considérable.

D’après les estimations d’un document officiel, la vigne représente à cette époque plus de 25 % du produit agricole du département. Malheureusement, peu après, le vignoble connaîtra ses pires heures suite aux ravages du phylloxéra.

Une grande partie du vignoble va être anéantie, puis sera replantée au 20ème siècle.

Le terroir des vins du Bugey

Le 20 octobre 2009, l’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) est accordée aux vins du Bugey. Déjà reconnus depuis 1958 comme Vins de Qualité Supérieure (VDQS), l’obtention de l’AOC permet définitivement de faire reconnaître la qualité de ces vins. L’appellation est située dans le département de l’Ain et s’étend sur 470 hectares.

Trois zones précises reçoivent cette appellation. Au nord du département, vers Bourg-en-Bresse, on trouve la zone de Cerdon. Puis, une deuxième zone, Montagnieu, correspond à la rive est du Rhône, entre Izieu et Ambérieu-en-Bugey.

Enfin, plus à l’est encore, dans les terres, il y a la zone de Belley. Elle s’étend entre Izieu au sud et Champagne-en-Valromey au nord.

L’appellation se situe sur des territoires vallonnés mais peu élevés (moins de 500 mètres d’altitude). Malgré un climat semi-continental, ces terres sont propices à la culture de la vigne car les montages les protègent contre les températures extrêmes.

La production des vins du Bugey est relativement petite et s’établit autour des 30 000 hl/an (soit plus de 4 millions de bouteilles). La production se compose de 60 % de vins effervescents et de 40 % de vins tranquilles.

Les vins rouges (y compris les mousseux et les pétillants rosés) sont des assemblages de cépages noirs Gamay, Pinot noir, Poulsard et Mondeuse noire. Les vins blancs (y compris les vins pétillants et mousseux), quant à eux, sont constitués des cépages blancs Chardonnay (70 % au moins), Altesse, Jacquière, Molette, Aligoté et Pinot gris.

Les caractéristiques des vins du Bugey

La plupart des vins effervescents du Bugey sont élaborés suivant la méthode traditionnelle. Cette méthode consiste à créer l’effervescence de manière naturelle par le biais d’une seconde fermentation. Une fois le vin tiré, il est mis en bouteille.

A ce moment-là, on rajoute une liqueur de tirage qui, sous l’action des levures, va produire du gaz carbonique qui sera emprisonné dans la bouteille et créera cette effervescence. Au bout de 15 mois minimum, la bouteille est ouverte afin d’éliminer les dépôts.

Cette méthode est plus connue sous le nom de « méthode champenoise » puisqu’elle a été inventée par le moine Dom Pérignon pour la fabrication des champagnes. Réglementation oblige, on parle de « méthode champenoise » pour les champagnes et de « méthode traditionnelle » pour tous les autres vins pétillants.

Au milieu de ces vins effervescents, le Bugey Cerdon fait exception. En effet, ce vin a construit sa célébrité en étant élaboré selon la méthode dite « ancestrale ». La méthode ancestrale met en jeu une seule fermentation.

La première partie de la fermentation est réalisée en fût grâce aux sucres et aux levures. Puis, après une légère filtration, le vin est mis en bouteille où la seconde partie de la fermentation se poursuit. Il en résulte un vin effervescent sucré avec un taux d’alcool peu élevé (autour des 8 degrés).

Unique au monde, ce vin rouge pétillant possède un goût fruité et sucré. Il résulte d’un assemblage de Gamay (qui lui donne son côté fruité) et de Poulsard (qui lui apporte de la structure).

Les vins du Bugey et la gastronomie

Les vins du Bugey s’associent parfaitement avec les spécialités locales ou celles des régions limitrophes.

Par exemple, le Bugey rouge (à servir autour de 18 degrés) accompagne très bien la charcuterie et la cochonnaille, si chères à la région Rhône-Alpes. Mais il sera également parfait avec les fromages ou les viandes blanches.

Le Bugey blanc, quant à lui, se marie très bien avec les plats à base de poisson. Accompagnez le plat d’une sauce Nantua (inventée dans le Bugey) et le mariage devient alors unique ! Ce vin est également approprié en accompagnement des plats traditionnels de la région voisine, la Savoie, comme la raclette ou la fondue.

Enfin, le Bugey mousseux se déguste aussi bien à l’apéritif qu’au dessert. Il se sert frais, autour de 4 degrés. Son côté sucré et son faible taux en alcool en fait un vin particulièrement apprécié.