Appellation : Crémant-de-savoie

Si le Crémant-de-Savoie est le dernier des Crémants à obtenir son AOC, il n’est pas en reste au niveau des saveurs: il s’agit d’un vin à l’élaboration complexe doté d’une forte personnalité, qui s’apprécie aussi bien en fin de repas qu’en apéritif, pour commencer ou achever un repas gastronomique, ou sur une table de fête.

L’histoire du Crémant-de-Savoie

Les vins pétillants savoyards ont déjà une longue tradition derrière eux, et se trouvaient autrefois sous les noms de « Savoie méthode traditionnelle » ou de « pétillant de Savoie ». L’appellation Crémant-de-Savoie, publiée au journal officiel en 2015 (et couvrant par rétroactivité la récolte de 2014), a rendu la production de ces vins pétillants savoyards hautement plus exigeante.

Si, avant l’appellation, ces vins pouvaient être produits avec tous les cépages de la zone de l’AOC de Savoie, le Crémant actuel répond à des critères de fabrication bien plus précis. Il contient 60% de cépages blancs savoyards, dont un minimum de 40% de jacquère.

Le reste peut être constitué d’altesse, de mondeuse, d’aligoté, de chasselas et de molette, toujours dans l’espace de l’AOC de Savoie. Si le chardonnay est limité à 40%, certains cépages rouges sont autorisés dans la composition, à hauteur de 20% (pinot noir, gamay.)

Tout comme le Champagne, le Crémant-de-Savoie doit bénéficier d’une seconde fermentation en bouteille. La qualité des raisins est également contrôlée tout au long du processus et les vendanges sont effectuées à la main pour ne pas altérer les baies avant le pressage.

Le terroir du Crémant-de-Savoie

L’ensemble des vignobles de Savoie dans la zone de l’AOC peuvent servir à la fabrication du Crémant-de-Savoie, ce qui correspond aux départements de la Savoie, de l’Ain, de la Haute-Savoie et de l’Isère – en sont seulement exclues les régions de Seyssel et d’Ayze.

La Savoie comporte en tout huit terroirs, soit 1800 hectares de vignobles : 100 hectares dans l’Ain, 110 dans l’Isère, 1400 dans le département de la Savoie, et 200 en Haute-Savoie.

Cette région étendue permet de produire une grande diversité de vins : le cépage altesse, par exemple, préfère les terres calcaires avec une exposition nord-est et offre des saveurs minérales, tandis que la jacquère s’étend plus au sud, sur les sols argilo-calcaires qui bénéficient du colossal éboulement du Mont Granier (entre l’Isère et la Savoie) ayant eu lieu en 1248, et qui est, encore aujourd’hui, le glissement de terrain le plus important de l’histoire européenne.

Les caractéristiques du Crémant-de-Savoie

Le cahier des charges pour obtenir l’appellation de Crémant est très exigeant : une méthode traditionnelle doit être rigoureusement employée, avec des vendanges effectuées manuellement, et le dépôt des baies dans des caisses percées. Les raisins pressés doivent ensuite être transférés dans une cuve pour une durée d’un mois, avant l’ajout de sucres et de levures essentiels au procédé de fermentation.

Le Crémant-de-Savoie bénéficie en effet d’une deuxième fermentation en bouteille, à l’instar du Champagne, d’une durée de douze mois (les bouteilles sont entreposées pendant neuf fois, puis remuées avant de reposer pour les trois mois restants.)

Le processus de vinification des vins pétillants est très délicat : ce sont les sucres et les levures contenus dans le vin qui, une fois en bouteille, doivent déclencher une deuxième fermentation. Les levures permettent la transformation progressive des sucres en alcool et en gaz carbonique.

La bouteille et son bouchon doivent résister à la pression importante dégagée par cette fermentation, pour libérer la délicieuse mousse seulement à l’ouverture de la bouteille.

Une fois toutes ces conditions respectées, le Crémant-de-Savoie a une saveur vive et fraîche, et développe de subtils arômes d’agrumes et de fleurs blanches, ainsi qu’un doux parfum minéral. Il est d’une ravissante couleur jaune pâle, et sa mousse, fine et délicate, lui confère une effervescence raffinée. Il se consomme mieux jeune, à une température de service comprise entre 7 et 10 degrés.

Le Crémant-de-Savoie et la gastronomie

Le Crémant-de-Savoir se rencontre sur les tables prestigieuses de restaurants étoilés, tels que le Grand Véfour à Paris, où le chef savoyard Guy Martin le recommande pour clore les repas de fête et ajouter une note de fraîcheur bienvenue aux desserts.

Il s’accorde en effet à merveille avec les desserts les plus traditionnels, comme le gâteau de Savoie, avec tous les délices chocolatés, les arômes de caramel, ou même avec les mets plus fruités tels que les tartes tatin et les sorbets.

Mais le Crémant-de-Savoie est aussi une merveille en apéritif, avec des gougères à l’Emmental, spécialités de sa région d’origine, ou encore avec des fromages de montagne à pâte dure tels que le Beaufort et l’Abondance. On le savoure également avec le roquefort, qu’il vient délicatement rehausser.

Avec le poisson, il est recommandé avec la truite, le lavaret (notamment en carpaccio), avec l’omble chevalier, ou encore pour sublimer une succulente cocotte de noix de Saint-Jacques au safran.